
Les ignorants
- Etienne Davodeau -
Quelques jours après la remise des Fauves du festival d’Angoulême, nous allons discuter Bande Dessinée.
Pendant le premier confinement, comme ce fut le cas pour beaucoup de personnes, les livres m’ont aidée à m’évader. Ils permettaient d’élargir nos murs et de voyager tout en étant enfermés. Cela dit, il faut aussi avouer que, par moment, la lecture demande bien trop de concentration et la motivation nous manque.
C’est là que la BD entre en jeu.
Je ne sais pas vous mais, jusqu’à il y a presqu’un an, je la rattachais à l’enfance et à l’adolescence. Or, pendant cette période d'enfermement, j’ai compris que j’avais fait une grande erreur en supprimant ce genre littéraire de ma bibliothèque par prétexte que je grandissais. J’ai re-découvert une lecture plus légère, non pas dans le fond, mais à coup sûr dans la forme. L’illustration vient appuyer la lecture et la facilite dans la mesure où nous n'avons pas à produire l'effort d'imagination.
Mon intérêt pour la BD "adulte" a donc commencé avec Les Ignorants d’Etienne Davodeau, aux éditions Futuropolis (2011). Elle s’articule autour de la rencontre et de l’ensemble de la relation -qui je pense, peut être qualifiée d’amicale- d’un vigneron, Richard Leroy et du dessinateur. Le métier de l’un et l’autre leur est réciproquement inconnu, d’où le titre du livre. En parcourant les pages en noir et blanc et grâce au récit de Davodeau, nous sommes invités à assister à ces moments d’échange de savoir. On y découvre, entre bien d'autres scènes, le vigneron qui visite pour la première fois la maison d'édition Futuropolis, quand le dessinateur, lui, s’instruit sur la biodynamie.
J'ai rapidement été sensible au message transmis : deux domaines, hommes et cultures, radicalement opposés peuvent aller l’un vers l’autre et construire un projet ensemble. C’est une BD qui prône l’ouverture d’esprit, l’ouverture à l’autre, la curiosité, la découverte, le respect du travail de chacun.
En somme, bien des valeurs qu’il est bon de rappeler de temps en temps.
De plus, c’est une bande dessinée qui est gorgée de références propres aux deux domaines principaux et bien plus encore.
Je pense que Les Ignorants fait partie de ses livres qu’il est préférable de lire une feuille et un stylo à portée de main pour noter et se documenter sur toutes les références citées.
Pour toutes ces raisons, c'est une bande dessinée que je vous recommande vivement !
Je finirais cet article par une citation que j’avais relevé page 141 lors de ma lecture :
« Ne pas savoir, c’est être libre ».
- Clémentine -

